|
Le
24 juillet 2008, le projet du Plan
d'Aménagement et de Développement
Durable de la Corse (PADDUC) a été
arrêté par le président du
Conseil exécutif. Ce document est
stratégique, il aura valeur de Directive
territoriale d'aménagement de l'île.
La partie la plus sensible de ce nouveau plan
concerne le foncier et la cartographie des espaces
naturels remarquables du littoral. Rien
d'étonnant: dans le désert
économique corse, la seule forme de
capitalisation possible trouve bien ses sources
dans le foncier. Et quelques "seigneurs de la
terre", de grandes familles de l'île,
attendent avec impatience de faire fructifier leurs
biens.
Le
problème pour eux, bien souvent, ce sont ces
espaces déclarés "remarquables" et
protégés par la loi Littoral,
votée à l'unanimité par le
Parlement en 1986. Ces espaces remarquables,
devenant de par la loi inconstructibles, aiguisent
bien des appétits. Cette loi est devenue un
véritable cauchemar pour bien des promoteurs
immobiliers. Combien de rêves en béton
se sont-ils brisés face à la loi
Littoral? Et, combien de promoteurs immobiliers ne
rêvent-ils de voir, demain, des terrains
situés dans ces zones
protégées, proches du rivage,
glisser, comme par miracle, dans des espaces ne
bénéficiant plus de la protection
contre la construction. Le prix de ces terrains,
désormais "désanctuarisés",
grimperait. Il grimperait en
flèche.
|
|
A
lire aussi:
France
Bleu Corse Frequenza Mora, la
délation, la censure, et
Amnistia.net
Camille
de Rocca Serra, président
de la Collectivité
territoriale, Ange Santini,
président du Conseil
exécutif et
Jérôme Polverini,
président de l'Office de
l'Environnement ont réagi
aux informations publiées
par Amnistia.net
Sans les
démentir!
Monsieur
Ange Santini, président de
l'Exécutif de Corse
dément, mollement, une de
nos informations
sans dire
un mot sur le reste de notre
dossier.
Amnistia.net
maintient tout ce qu'elle a
publié!
Corse:
Petits arrangements pour enterrer
la loi
Privatisation
du territoire - Quand le
sous-préfet de Sartene
annonce: "Robespierre est
mort!"
Corse
- Bonifacio: L'enfant du pays, le
notable de Neuilly et le banquier
suisse
Dossier
exclusif
Tourisme
bling-bling: La bataille de
Bonifacio
Ile
de
Beauté:
Sarko,
Cécilia et le permis de
construire de Jean Reno
Quel
film!
+1vidéo
Sarko
en Corse: Argent public et
hôtels de
luxe
Corse:
L'avenir en
béton
Enquête
exclusive
Corse:
la fièvre
immobilière de
l'extrême
sud
Dossier
spécial
Corse:
Un littoral en
béton?
Tout
le Dossier
Corse
|
|
"Il
appartient maintenant à l'assemblée
de Corse d'adopter le PADDUC, après avoir
reçu les avis du Conseil
économique social et culturel, ainsi que du
Conseil des sites; sachant qu'après son
approbation définitive, le document devra
avoir également été soumis
à enquête publique", précise le
président Camille de Rocca Serra dans sa
lettre, adressée le 5 août 2008, aux
conseillers territoriaux de l'île.
Visiblement, les événements sont
destinés à aller très vite et
sont présentés, par le
président de l'Assemblée comme une
simple formalité.
Au
tout début de l'automne 2008, les
élus de l'assemblée de Corse seront
donc appelés à examiner, et à
voter, le nouveau PADDUC. Ensuite,
démarrera l'enquête publique.
Vraisemblablement elle sera bouclée en
décembre. Début 2009
l'assemblée de Corse sera appelée
à adopter définitivement le nouveau
plan. Ensuite, tout terrain proche du littoral
pouvant afficher un panneau "constructible" vaudra
bel et bien de l'or en barres.
Amnistia.net
est allé voir ce qui se passe sur les terres
des principaux responsables de la
Collectivité territoriale. Que
prévoit la cartographie du PADDUC à
Calvi, le fief du président du Conseil
exécutif, Ange Santini, le porteur du Plan?
Que prévoit le nouveau Plan
d'aménagement à Porto-Vecchio,
là ou règne la dynastie familiale des
Rocca Serra dont Camille est le président de
l'Assemblée territoriale? Enfin, nous avons
aussi jeté un coup d'il sur les terres
de Jérôme Polverini, maire de
Pianottoli Caldarellu et président de
l'Office de l'Environnement de la Corse.
Suivez-nous, le voyage est surprenant!
Calvi:
quand le président de l'Exécutif de
l'île désanctuarise ses propre
terres
|

|
|
Les
espaces remarquables
déclassés sur le nouveau
PADDUC sont matérialisés par
les tâches blanches qui "bouffent"
la pinède de Calvi. La
flèche n°1 indique le camping
de la famille Santini. La flèche
n°2 indique l'emplacement d'autres
terrains achetés par la SCI
gérée par Ange
Santini.
|
|

|
|
En
1992, la SCI "U Serenu", dont le
président du Conseil
exécutif assure de nos jours encore
la gérance, achète des
terrains à la société
Calvi Plage. Dans la section cadastrale
AP4, très proche du rivage, la
société d'Ange Santini a
acheté un bon hectare de terres. Si
l'on regarde le plan du PADDUC, on
remarque que ces terrains,
jusque-là classés dans un
espace remarquable, se situent,
désormais, dans une zone
destinée à être
"désanctuarisée".
|
Calvi.
C'est la ville d'Ange Santini. Le président
du Conseil exécutif. C'est lui, le porteur
du nouveau Plan d'aménagement de
l'île. L'homme est ambitieux. Quand il
était tout jeune, il disait
déjà qu'il voulait être maire -
se souvient une de ses connaissances calvaises.
Depuis, Ange a fait son chemin, et aujourd'hui, du
haut de sa place à la tête du Conseil
exécutif, il peut se contenter de diriger sa
ville en étant simplement "maire adjoint"...
A
Calvi, la famille Santini possède depuis
bien longtemps un camping. Il s'appelle "La
Pineda", s'étend sur plus de 5 hectares et
est situé dans la pinède en bord de
mer, sur un espace boisé classé et
proche du rivage. Dans l'atlas du littoral
rédigé par les services de l'Etat, la
pinède de Calvi est clairement
désignée comme un espace remarquable,
strictement inconstructible.
Or,
si l'on regarde aujourd'hui, attentivement, les
nouveaux plans du PADDUC, arrêtés par
le Conseil exécutif, on note que des zones
entières de la pinède en bord de
mer sont destinées à être
déclassées. Et, surprise: le propre
camping de la famille Santini se retrouve, comme
par miracle, dans un espace que le Conseil
exécutif propose au déclassement.
Fini l'espace boisé classé, fini
l'espace remarquable. Bref, finie la
non-constructibilité.
Il
faut bien reconnaître que Monsieur Ange
Santini est très attaché à la
magnifique pinède qui longe le golfe de
Calvi. En 1992, la SCI "U Serenu", dont
Monsieur Ange Santini assure de nos jours encore la
gérance, achète des terrains à
la société Calvi Plage. Ces terrains
sont situés dans l'espace boisé
classé de la pinède. Dans la section
cadastrale AP4, très proche du rivage, la
société d'Ange Santini a
acheté un bon hectare de terres. Si l'on
regarde le plan du PADDUC, on remarque que ces
terrains, jusque-là classés dans un
espace remarquable, se situent désormais,
dans une zone destinée à être
"désanctuarisée". Finie
l'inconstructibilité pour les terres du
président du Conseil exécutif si le
PADDUC est adopté.
Ange
Santini n'est pas à son premier essai.
Quelque temps après avoir acheté des
terrains, en 1992, à la
société Calvi Plage, sur des terrains
dont, pour certains, la mairie avait gentiment fait
connaître sa renonciation à exercer
son droit de préemption, Monsieur Santini
dépose un permis de construire. A
l'époque, il voulait bâtir un
hôtel de 120 chambres. Le permis avait
été rejeté au nom de la loi
Littoral. Mais Monsieur Ange Santini est un homme
tenace. En 1995, il est élu maire. En
décembre 2004, la mairie de Calvi demande le
déclassement d'une grande partie de la
pinède. En bout de course, le maire n'a pas
gain de cause. La loi Littoral devient un
cauchemar. Mais le président du Conseil
exécutif ne s'avoue pas vaincu. Il remet son
projet de désanctuarisation dans le
PADDUC... sans omettre de bien faire figurer ses
terres dans des espaces dûment
déclassés. Sans
commentaire.
Porto-Vecchio:
un nouveau complexe golfique sur le terres du
cousin du président de l'Assemblée de
l'île
|

|
|
Le
lotissement de luxe Punta d'Oru.
Camille de Rocca Serra, l'actuel
président de l'Assemblée de
l'île, a obtenu en 1988 et en 1998
la possibilité de construire
quelque 70 villas de luxe, dans son
lotissement de Punta d'Oru. Situés
entre le golfe de Santa Giulia et la plage
de Palombaghja, face au parc marin
international des Bouches de Bonifacio,
dans un espace exceptionnel, les terrains
de Camille de Rocca Serra étaient,
théoriquement, absolument
inconstructibles.
|
Regardons
maintenant ce qui se passe à l'extrême
Sud de l'île. Porto-Vecchio, le fief du clan
Rocca Serra dont Camille, l'actuel président
de l'Assemblée de l'île, a obtenu
en 1988 et en 1998 la possibilité de
construire quelque 70 villas de luxe, dans son
lotissement de Punta d'Oru... la bien
nommée! Situés entre le golfe de
Santa Giulia et la plage de Palombaghja, face au
parc marin international des Bouches de Bonifacio,
dans un espace exceptionnel, les
terrains de Camille de Rocca Serra étaient,
théoriquement, absolument
intouchables.
Et, pourtant, ce sont bel et bien les services de
l'Etat qui, en détournant les yeux de la
loi, ont concédé ce privilège
au chef du clan de l'Extrême Sud de
l'île. Un privilège qui, il faut bien
le reconnaître, vaut de l'or! C'est ici que
le célèbre acteur Christian Clavier a
choisi de bâtir sa désormais fameuse
demeure corse.
Maintenant,
il est intéressant de remarquer que dans le
Plan Local d'Urbanisme, arrêté par la
municipalité, un projet de construction d'un
nouveau complexe golfique de 48 hectares
apparaît à Porto-Vecchio. Le
projet est d'envergure, et comprend hôtels,
restaurants, commerces et résidences. Il est
situé à peine au-dessus du magnifique
"Golfo di sogno" (le golfe des rêves), sur
des terres actuellement agricoles. Ce secteur avait
été classé en 2001 "espace
remarquable" par les services de l'Etat, avant
d'être finalement déclassé sous
la pression de la mairie
dont le maire
à cette époque était
Camille de Rocca Serra. Porto-Vecchio est une ville
influente. Le déclassement de ces terres que
l'Etat avait projeté de rendre
inconstructibles car "remarquables" au sens de la
loi Littoral, a permis de les rendre constructibles
dans le PADDUC et le PLU
et
la valeur de ces terres s'est envolée. Ne
vous trompez pas pour autant. Ces terres
n'appartiennent pas à Camille de Rocca
Serra, qui s'est déjà bien loti
à Punta d'Oru. Les terrains en question sont
la propriété de son cousin germain.
En Corse, on le sait, la famille est importante...
Tout comme l'immobilier, un secteur qui aiguise les
intérêts dans bien de
milieux
C'est
sûrement un hasard, mais lorsque Richard
Casanova, présenté comme l'un des
"big boss" de la redoutable bande de la Brise
de mer, a été abattu le 23 avril 2008
à Porto-Vecchio, les enquêteurs ont
retrouvé dans sa voiture des documents
concernant les nouveaux plans d'urbanisme de la
commune. Visiblement intriguée, la police
judiciaire d'Ajaccio a même effectué
des perquisitions et entendu Georges Mela. "Je
n'avais aucun lien avec Richard Casanova,
même s'il a dû m'arriver de le croiser
à Porto-Vecchio", a précisé ce
dernier à nos confrères de L'Express.
Georges Mela est le maire de Porto-Vecchio
Depuis que Camille de Rocca Serra,
député et président de
l'assemblée de Corse, lui a confié ce
fauteuil. Cumul des mandats oblige!
Pianottoli-Caldarellu:
les terrains familiaux du président de
l'Office de l'Environnement
|

|
|
Jérôme
Polverini, président de l'Office de
l'Environnement de la Corse, conseiller
exécutif, et maire de la commune de
Pianottoli-Caldarellu, a fait
déclasser, dans la cartographie du
PADDUC, les propres terrains de
famille.
|
Jérôme
Polverini, est le président de l'Office de
l'Environnement de la Corse. En 2001, lors des
"accords de Matignon", c'est bel et bien Monsieur
Jérôme Polverini qui a
été à l'origine de la
rédaction du fameux article 12 du nouveau
projet de loi sur la Corse. Un texte, rejeté
par les députés, qui aurait permis de
déroger à l'application de la loi
Littoral sur l'île.
Jérôme
Polverini est aussi conseiller exécutif. Il
a personnellement élaboré le nouveau
PADDUC, avec Monsieur Ange Santini, le
président du Conseil exécutif de
Corse. Nous sommes donc allés voir ce que
prévoyait le nouveau Plan
d'aménagement à
Pianottoli-Caldarellu, la commune dont Monsieur
Polverini est maire.
Décidément,
le Conseil exécutif de la
Collectivité territoriale a
été très attentif au sort des
propriétés, proches du rivage, de la
famille Polverini. En effet, aussi bien
Jérôme, le président de
l'Office de l'Environnement, que sa sur Marie
Josée, peuvent constater que leurs terrains,
inconstructibles puisque répertoriés
dans l'atlas établi par les services de
l'Etat dans l'espace remarquable numéro 54,
sont désormais déclassés dans
le nouveau PADDUC. Si le document est
approuvé, dans l'état, ces terres ne
seront plus forcément
protégées des pelleteuses.
Ainsi
donc Monsieur le conseiller exécutif et
maire de la commune, a fait déclasser,
dans la cartographie du PADDUC, les propres
terrains de famille
Il faut bien admettre que
ce n'est pas proprement ce qu'on appelle une saine
attitude citoyenne.
En
Corse, on entend souvent dire: les politiques sont
aux "affaires"!
Et, que remarque-t-on, dans les cas précis
dont nous nous sommes
intéressés?
Trois
élus, directement responsables de la
rédaction du Plan d'aménagement de la
Corse, directement impliqués dans des
gestions de communes littorales, qui semblent
s'être d'abord occupés
de leurs
propres affaires!
Sans vergogne aucune.
La
suite du dossier:
Camille
de Rocca Serra, président de la
Collectivité territoriale, Ange Santini,
président du Conseil exécutif et
Jérôme Polverini, président de
l'Office de l'Environnement ont réagi aux
informations publiées par
Amnistia.net
Sans les
démentir!
|