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Moralité publique, la presse et l'Internet


Jeudi 22 janvier 2009


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Amnistia.net a des doutes sur les informations concernant monsieur Ange Santini, le président du Conseil exécutif.
Nous en faisons part à nos lecteurs

France Bleu Corse Frequenza Mora, la délation, la censure, et Amnistia.net

Monsieur Ange Santini, président de l'Exécutif de Corse dément, mollement, une de nos informations… sans dire un mot sur le reste de notre dossier.
Amnistia.net maintient tout ce qu'elle a publié!

"Désanctuarisation" de la Corse:
Camille de Rocca Serra, président de la Collectivité territoriale, Ange Santini, président du Conseil exécutif et Jérôme Polverini, président de l'Office de l'Environnement ont réagi aux informations publiées par Amnistia.net… Sans les démentir!

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Amnistia.net est présente depuis dix ans sur le Web. Nos enquêtes ont déclenché 5 questions parlementaires en France et en Italie. Nos informations ont été reprises par des titres prestigieux comme Le Monde, Canal Plus, France 2, France 3, Libération, Il Corriere della Sera… Et, pourtant, pas plus tard que le 18 décembre dernier, le président du groupe UMP à l'assemblée de Corse a proposé une motion afin de condamner les agissements d'un "obscur organe de presse au contenu sulfureux et racoleur". Notre faute? Avoir démontré que des terrains personnels appartenant aux présidents de l'Assemblée, de l'Exécutif et de l'Office de l'Environnement de Corse et situés dans des espaces protégés, étaient proposés au déclassement dans le nouveau projet de Plan d'aménagement, arrêté en juillet 2008 par le Conseil exécutif.

Et quel est le seul argument qu'on nous a opposé? Pas une plainte n'est venue contredire nos informations, non, le seul argument employé par nos détracteurs a été le dénigrement. Le dénigrement, en utilisant comme prétexte le fait que nous sommes une petite structure et que nous publions un journal en ligne… un journal sur le Net. "J'ai quand même été choqué par ce que j'ai lu sur l'Internet…" avait lancé sur France Bleu Frequenza Mora Joseph-Guy Poletti, le directeur du magazine Corsica, avant de qualifier de "délation" la mise en ligne d'informations compromettantes pour les trois hauts responsables UMP de la Collectivité territoriale…

La preuve? Ces informations sont publiées sur Internet! Comme si le contenu d'un article pouvait avoir une valeur différente selon le support sur lequel il a été publié. C'est étonnant comme on peut confondre, avec une malveillance manifeste, la forme avec le contenu. L'arnaque est simple, mais redoutablement efficace.

En fait, de quoi s'agit-il? Il s'agit ni plus ni moins que de marginaliser des jeunes structures de presse qui ont investi le Web. Pourquoi? Car Internet avec ses faibles coûts de publication a cassé le monopole de la diffusion de l'information, un monopole détenu, de facto, par les gros groupes de presse. Des entreprises qui ont, et ce n'est pas rare, quelques passerelles, parfois des véritables autoroutes, qui les relient au pouvoir politique.

Les petites rédactions qui ont investi le Web, peuvent donc parfois agacer aussi bien le pouvoir politique que les groupes de presse traditionnels… Elles peuvent se révéler dangereuses dans une société où l'information est de plus en plus quadrillée, et où l'autocensure devient un exercice d'une banalité affligeante.

Dernier épisode en date, le 13 janvier. Notre confrère Bakchich sort une info importante. Elle concerne, aussi, la moralité publique: Bakchich a révélé que le président du Gabon Omar Bongo a versé 817.000 euros à une société pour laquelle a bossé le ministre des Affaires étrangères, Bernard Kouchner, et l'ex-ambassadeur de France à Monaco. Ce n'est pas rien. C'est même très grave, car comme le souligne notre confrère Xavier Monnier, "le French Doctor est toujours patron de sa boîte de conseils, BK consultants… En dehors de toute légalité constitutionnelle"! Mais ce n'est pas tout: "Sitôt qu'Omar Bongo eut réglé 817.000 euros à une société pour laquelle a travaillé Bernard Kouchner, il obtenait la tête du secrétaire d'Etat à la Coopération, Jean-Marie Bockel, qui agaçait au plus haut point le chef d'Etat gabonais…" Un scandale? Non. Un silence assourdissant.

Voilà comment a été accueillie par nos confrères de la presse traditionnelle l'enquête, documentée, publiée… sur Internet! Une enquête qui met en lumière un sérieux conflit d'intérêts dans les plus hautes sphères de l'Etat.

Corse: on désanctuarise en famille

Dossier de 22 pages au format PDF à télécharger
1,50 euros par SMS

Avec toute notre documentation exclusive

Or, nos confrères de Bakchich n'ont reçu aucun coup de fil de la part des confrères de la presse traditionnelle qui, tout naturellement auraient dû, tout au moins, aller vérifier les dénonciations, lourdes, publiées par le journal en ligne. On y parle quand même d'un ministre, d'un secrétaire d'Etat, et du président d'un Etat étranger.

Il faut bien admettre que nos confrères "traditionnels" sont de plus en plus déroutants. Pas plus tard que le 11 janvier, le président de l'Exécutif de Corse était l'invité de l'émission politique Cuntrastu, sur France 3. Face à lui, trois journalistes. Avec la nonchalance de l'habitué, Monsieur Santini qualifiait de "calomnies" les informations concernant ses terrains personnels proposés au déclassement, des informations qui circulent "sur Internet"...

Dommage qu'aucun des trois journalistes présents n'a pas eu le réflexe de poser une question simple au président de l'Exécutif: Monsieur Santini, pourquoi n'avez-vous pas porté plainte?

Dommage, d'ailleurs, que bien de journalistes de la presse traditionnelle oublient, de plus en plus souvent, les réflexes de base du métier…

Dommage qu'ils ne se donnent même pas la peine de vérifier ce que publient leurs confrères "online". Dommage, qu'ils se situent, de plus en plus souvent, comme des spectateurs… sourds et passifs!




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