©www.amnistia.net

 

Collectivité territoriale de Corse: scandale public ou attaques personnelles?


Par Enrico Porsia

Lundi 12 janvier 2009




A lire aussi:

Corse: qui veut bâillonner Amnistia.net?

Le mensuel Corsica vole au secours du président de l'Exécutif territorial…
"Il faut sauver le soldat Santini!"

Le Conseil exécutif de Corse a contacté Amnistia.net: le conseiller de Monsieur Santini et le document invisible...

Conseil économique social et culturel de la Corse: l'Exécutif multiplie les pressions pour retarder le vote!

PADDUC: pourquoi le Conseil exécutif de Corse cherche-t-il à fuir le débat démocratique?

Notre enquête en Corse, publiée dans Libération

La vraie histoire du domaine de Punta d'Oru
Le préfet Bernard Bonnet nous raconte dans quelles conditions il a délivré l'autorisation de lotir à l'actuel président de la Collectivité territoriale de Corse

Plan d'aménagement de la Corse - Une gifle pour le Conseil exécutif!
Le conseil des sites recommande: revoyez votre copie!

Menaces de plaintes, mais aucun démenti argumenté…
Amnistia.net
fait le point!

Pourquoi la Collectivité territoriale de Corse a-t elle fourni une cartographie aussi petite qu'imprécise dans le projet du Plan d'aménagement?
Les associations agréées de protection de l'environnement ABCDE et U Levante ont adressé une lettre ouverte aux membres du Conseil des sites de Corse

Plan d'aménagement de la Corse: les terrains "invisibles" de Monsieur Ange Santini, gérant d'une société immobilière et président du Conseil exécutif de l'île

"Désanctuarisation" de la Corse: le mystère de la bande orange
Amnistia.net a des doutes sur les informations concernant monsieur Ange Santini, le président du Conseil exécutif.
Nous en faisons part à nos lecteurs

France Bleu Corse Frequenza Mora, la délation, la censure, et Amnistia.net

Monsieur Ange Santini, président de l'Exécutif de Corse dément, mollement, une de nos informations… sans dire un mot sur le reste de notre dossier.
Amnistia.net maintient tout ce qu'elle a publié!

"Désanctuarisation" de la Corse:
Camille de Rocca Serra, président de la Collectivité territoriale, Ange Santini, président du Conseil exécutif et Jérôme Polverini, président de l'Office de l'Environnement ont réagi aux informations publiées par Amnistia.net… Sans les démentir!

Plan d'aménagement de la Corse: L'extraordinaire destin des terrains du président du Conseil exécutif, du président de l'Office de l'Environnement et du cousin du président de l'Assemblée de l'île.
Une passionnante histoire de familles, d'argent et de béton!

Hier après-midi, dimanche 11 janvier 2009, Monsieur Ange Santini, le président de l'Exécutif de la Corse a été l'invité de l'émission "Cuntrastu" sur France3 Corse.
"L'occasion pour moi d'évoquer les grands sujets qui feront l'actualité en 2009: situation politique et économique, PADDUC, PEI, finances de la CTC, échéances électorales", avait annoncé, sur son blog, le président de l'Exécutif.

Nous espérions donc qu'à cette occasion Monsieur Santini aurait enfin accepté de bien nous expliquer pourquoi il menace, depuis le mois de septembre, de porter plainte contre notre rédaction, alors qu'à ce jour aucune notification ne nous est parvenue. Et pourtant… quatre mois se sont écoulés depuis la publication de notre premier article, dans lequel nous affirmions que des terrains situés dans un espace protégé et appartenant à la propre famille de Monsieur Santini, tout comme à la propre société immobilière du président de l'Exécutif, avaient été proposés au déclassement dans le projet de Plan d'Aménagement et de Développement Durable de l'île (PADDUC), arrêté le 24 juillet 2008 par Monsieur Santini en personne.

Pourquoi Monsieur Santini n'a-t-il donc pas porté l'affaire en justice?

Pourquoi Monsieur Santini, qui prétend que nos informations sont des "calomnies", n'a-t-il donc pas porté l'affaire en justice comme il l'avait solennellement affirmé en s'accaparant une demi-page de Corse-Matin le 25 septembre 2008? Pourquoi?

Nous ne le saurons pas. Aucun des journalistes présents sur le plateau de "Cuntrastu" n'a cru opportun de poser la question au président de l'Exécutif. Les trois journalistes se sont contentés d'écouter Monsieur Santini, qui sur un ton bien agressif s'est déclaré victime des "calomnies qui sont un poison qu'on distille dans la société". En faisant référence à notre enquête, le président de l'Exécutif a parlé "d'attaques personnelles qui désignent des cibles". Et de là d'expliquer que les récentes menaces proférées à l'encontre de l'Exécutif de la Corse de la part du FLNC ne seraient rien d'autre que la conséquence de la publication de notre enquête. Parbleu!

Nous nous permettons donc de bien souligner qu'aucune attaque personnelle n'a été publiée dans Amnistia.net. Nous avons simplement affirmé que trois hauts responsables politiques, tous encartés UMP, porteurs du projet de Plan d'Aménagement et de Développement Durable de la Corse, voient certains de leurs propres terrains "migrer" d'une zone inconstructible, vers une zone qui n'est plus protégée… dans le plan qu'eux-mêmes ont proposé.
Aucune attaque personnelle. Nous dénonçons un scandale!

Et que s'est-il passé? Il s'est passé que nous avons subi des intimidations, des menaces. Il s'est passé aussi qu'on nous a traités de délateurs sur les ondes de France Bleu Corse Frequenza Mora, l'antenne de Radio France. Et voilà que maintenant, le président de l'Exécutif prétend que nous nous livrons à des attaques personnelles, en désignant des cibles de surcroît. Et voilà comment on étouffe un scandale: on se place en victime et le tour est joué!
Et pourtant,
notre enquête date de septembre 2008… Que s'est-il passé pendant ces longs mois?

Le seul argument qu'il nous oppose

Pour tenter de contredire notre enquête, le président du Conseil exécutif s'est contenté de multiplier les déclarations d'intention méprisantes, allant jusqu'à affirmer devant les élus de l'île le seul argument qu'il nous oppose. Le seul. C'est un argument de caste, propre d'un ordre social d'un autre temps. Jugez vous-mêmes: "Parce que nous sommes tous élus dans la même enceinte, parce que nous sommes des pairs, je comprends encore moins que l'on soit prêt à mettre en balance la parole d'Ange Santini et celle d'un illustre inconnu qui s'appelle Enrico Porsia". Quelle arrogance, quel mépris. Mais, où sont les arguments? Mis à part le fait que nous ne serions pas dignes de la considération de monsieur le président de l'Exécutif et maire adjoint de Calvi, mis à part que, effectivement, nous ne sommes même pas du terroir, que nous ne sommes pas corses… Mais où sont les arguments du président de l'Exécutif?

Un homme connu, important et… puissant!

Ce ne sont pourtant pas les moyens qui lui manquent. Monsieur Santini est un homme connu, un homme important et… puissant!
Et il faut bien admettre que depuis la parution de notre premier article, Monsieur Santini n'a pas lésiné sur les efforts afin de tenter de nous contredire. Sans y parvenir, car les faits sont têtus. Quand même!

A quoi donc a servi le travail que Monsieur Santini a commandité à un géomètre-expert? Il a été en effet impossible à ce professionnel, de ne pas arriver à la conclusion qu'au moins 5.000 m2 de pinède de Calvi, appartenant à la famille Santini, se trouveraient déclassés dans le PADDUC élaboré par l'Exécutif territorial.



Cette publicité de la Collectivité territoriale est affichée en pleine page du mensuel Corsica du mois de décembre 2008. C'est dans ce même numéro que le mensuel a publié une "enquête" exclusivement à décharge du président de l'Exécutif... l'institution qui dirige la Collectivité territoriale. A quel prix a été achetée cette page publicitaire?



La même publicité de la Collectivité territoriale est affichée sur le blog du président de l'Exécutif. Décidément, Monsieur Santini tenait beaucoup à la promotion de la CTC en ce mois de décembre 2008…



Et voilà, pas la peine d'acheter le magazine, vous pouvez télécharger l'article de Corsica, directement depuis le blog de Monsieur Santini. Il faut reconnaître qu'après s'être "mis à disposition de la presse" qu'il a soigneusement choisie, Monsieur Santini se charge aussi de sa diffusion.



Un cahier publicitaire de 12 pages du conseil général de la Corse-du-Sud, contrôlé par l'UMP, est publié dans le même numéro de décembre 2008 du mensuel Corsica: autant d'espace acheté au magazine par le conseil général.

Combien ont-ils dépensé les responsables UMP pour se payer autant de visibilité danc ce numéro du mensuel Corsica?

5.000 m2 déclassés dans la pinède en bord de mer, c'est moins que le bon hectare et demi qui, selon nos calculs, serait concerné par la "désanctuarisation" dans le plan d'aménagement arrêté par Monsieur Santini. Nous maintenons nos informations. Mais, même si on devait se ranger derrière les conclusions du géomètre-expert commissionné, pour l'occasion, par Monsieur Santini, il ne resterait pas moins que 5.000 m2, appartenant à la famille Santini, ne seraient plus dans un espace protégé. Or, 5.000 m2 en pleine pinède de Calvi, un fois "désanctuarisés", pourraient facilement se négocier entre 100 et 150 euros le mètre carré. Entre un demi-million et 750.000 euros le terrain nu. Décidément, ce n'est pas de la pacotille... c'est de l'argent!

Quand Monsieur Santini se met à disposition de la presse…

Comme nous l'avons déjà souligné, Monsieur Santini est un homme important, il a bien des relations et, décidément, il sait les mettre à profit.

"Pour apporter au public les moyens de se forger une opinion, je me suis mis à la disposition de la presse", déclare en effet sur son blog le président de l'Exécutif. Il faut admettre que Monsieur Santini est bien modeste… car nous attendons encore les réponses et la documentation que nous avait promises monsieur Cyril Ceccaldi, le propre conseiller du président de l'Exécutif. Tout comme nos confrères de France3 Corse, nous attendons des informations complémentaires sur un extraordinaire acte notarié produit par Monsieur Santini. Un acte notarié qui n'a jamais été enregistré à la Conservation des hypothèques. Un acte notarié concernant la localisation des terrains de propriété de la société immobilière dont le président de l'Exécutif est l'heureux gérant, et qui ne mentionne pourtant, ni le nom de la SCI U Serenu, la société de Monsieur Santini, ni le nom de ce dernier… Un acte notarié qui serait néanmoins censé contredire le fait que la SCI U Serenu se trouve copropriétaire, avec la ville de Calvi, d'un terrain en bordure de mer, dont une partie est proposée au déclassement. Pourquoi, tout comme nos confrères du service public de France3 Corse, n'avons-nous pas reçu de réponse à ces questions? Et, ceci depuis des mois?

Nous pouvons tranquillement affirmer que sa "mise à disposition de la presse" annoncée par le président de l'Exécutif, ne nous paraît pas immédiatement perceptible…

En réalité, Monsieur Santini n'a trouvé qu'une seule publication qui a accepté de se faire son avocat et a tenté, bien maladroitement, de contredire notre enquête.

Corsica est appelé à la rescousse

"C'est le travail qu'a notamment entrepris le magazine Corsica", explique le plus clairement du monde Monsieur Santini sur son propre blog.

Il est intéressant de remarquer que le directeur de ce journal, Joseph-Guy Poletti, avait qualifié notre enquête de "délation" sur les ondes de France Bleu Frequenza Mora. Et ceci, deux mois avant que son magazine ne publie une "contre-enquête"… dans laquelle, malgré le volontarisme affiché, il n'a pu écrire rien d'autre que: "Les documents que M. Santini a mis à notre disposition tendent à prouver que ces terrains ne sont pas proposés au déclassement". "Tendent à prouver": le prouvent-ils, ou ne le prouvent-ils pas? Où est le mensuel Corsica: dans l'intention ou dans l'affirmation?

Une chose est sûre, le mensuel Corsica est contrôlé à 96% par une société de communication, Médiacorse, qui a comme très bon client la Collectivité territoriale de Corse… l'institution dont Monsieur Santini est à la tête de l'Exécutif!

Conflit d'intérêts ou échanges de bons procédés?

Dans le numéro de décembre, là où le mensuel dirigé par Joseph-Guy Poletti a publié la "contre-enquête" qui "tend à démontrer" que Monsieur Santini n'a pas tort, la Collectivité territoriale, dirigée par ce dernier, a acheté une pleine page de publicité. A quel prix?

Mais ce n'est pas tout, dans ce même numéro les lecteurs du mensuel Corsica ont eu droit à un cahier publicitaire de 12 pages, autant d'espace acheté au magazine par le conseil général de la Corse-du-Sud. Une institution contrôlée par l'UMP, le parti de Monsieur Santini, mais aussi de deux autres hauts responsables de la Collectivité territoriale de Corse mis en cause dans notre enquête.

C'est embêtant, mais toute cette manne publicitaire, émanant d'organes politiques, atterrissant dans Corsica, un titre contrôlé par une boîte de com qui travaille avec la Collectivité territoriale, n'est un gage ni d'indépendance, ni de transparence certaine.

Il faut bien reconnaître que, encore une fois, notre opinion diffère de celle du président de l'Exécutif, qui souligne avec force sur son blog: "Voici, en toute transparence et pour clore - je l'espère - définitivement cette polémique, l'article de Corsica dans son dernier numéro de décembre 2008". Et voilà, pas la peine d'acheter le magazine, vous pouvez télécharger l'article de Corsica, directement depuis le blog de Monsieur Santini. Il faut reconnaître qu'après s'être "mis à disposition de la presse" qu'il a soigneusement choisie, Monsieur Santini se charge aussi de sa diffusion. La diffusion d'un article publié dans un magazine où la Collectivité Territoriale a acheté une pleine page de pub. Conflit d'intérêts? Non, on nous accuserait d'exagération… Disons alors échanges de bons procédés.

Menaces et déclarations insultantes

Nous ne caricaturons pourtant pas les faits, si nous nous permettons de rappeler que lors de la dernière séance de l'année passée à l'Assemblée de l'île, le président du groupe UMP a pris pour cible notre publication, en proposant aux élus une motion afin de dénoncer "les affabulations calomnieuses d'un obscur organe de presse"… Des "affabulations calomnieuses" qui n'ont été démenties par aucune procédure judiciaire!

Corse: on désanctuarise en famille

Dossier de 22 pages au format PDF à télécharger
1,50 euros par SMS

Avec toute notre documentation exclusive

En réalité, Amnistia.net a été prise pour cible par le groupe UMP à l'assemblée de Corse, car en dénonçant des faits qui pourraient s'apparenter à des tentatives de prise illégale d'intérêts de la part de trois hauts responsables UMP, notre publication a commis un "crime de lèse-majesté", résume sans détours le Journal de la Corse. Dans un long article, signé par Gabriel-Xavier Culioli, l'hebdomadaire n'hésite pas à définir "d'agitation indécente produite par des élus paniqués par l'adversité" ce qu'il s'est produit la nuit du 18 décembre à l'Assemblée de l'île quand, "les épigones corses de Nicolas Sarkozy tentent à l'instar de leur maître de museler les médias".

Nous espérions qu'hier après-midi, lors de l'émission politique "Cuntrastu", Monsieur Santini s'exprime sur toutes ces questions.

Nous espérions que le président du Conseil exécutif tourne enfin le dos aux menaces et aux déclarations insultantes pour se focaliser, enfin, sur les arguments… Mais au fait, en détient-il, des arguments?




Abonnez-vous à Amnistia.net
.











©www.amnistia.net
journal illustré
Tous droits de reproduction et représentation réservés
contact: redaction@amnistia.net

Rédaction: contact

Haut de page
La Une